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Histoire d'un modèle · Omega SEAMASTER 200 avant la légende

Omega Seamaster 200 « Pre-Bond » : la plongeuse qui a préparé l'ère James Bond

À la fin des années 1980, Omega relance sa lignée de plongeuses professionnelles avec une Seamaster 200 à bracelet intégré, proposée en quartz comme en automatique. Restée longtemps dans l'ombre, elle porte aujourd'hui un surnom qui rappelle ce qu'elle a annoncé : celui de la montre qui l'a remplacée.

Lecture · 7 min · Par DropAndWatch
Une Seamaster entre deux époquesAnnées 1980

Quand la Seamaster 200 arrive, le nom Seamaster a déjà quarante ans. Omega l'a créé en 1948 pour célébrer son centenaire, et la ligne s'est peu à peu tournée vers l'univers de la plongée. Au début des années 1980, en pleine domination du quartz, la marque lance la Seamaster 120 « Plongeur de Luxe », sa première ligne de plongée à quartz. Fine, montée sur un bracelet intégré que beaucoup rapprochent de la Royal Oak de Genta, elle reçoit une extension de combinaison logée dans la boucle.

Omega fait la promotion de ce modèle grâce à l'apnéiste français Jacques Mayol, qui atteint 101 mètres au large de l'île d'Elbe en 1981 avec une Seamaster 120 au poignet. Cette alliance d'une montre de plongée et d'un bracelet intégré élégant, pensée pour se porter aussi bien en mer qu'en ville, prépare directement le terrain de la Seamaster 200.

Le lancement et la mission FaréPrintemps et été 1988

Selon The Omega Saga de Marco Richon, la Seamaster 200 est présentée au printemps 1988, peu avant les Jeux olympiques de Séoul dont Omega est le chronométreur officiel. La base de données vintage de la marque rattache d'ailleurs les premières références à la collection internationale de 1988. Certains textes, qui citent eux aussi cette base, avancent pourtant une apparition dès 1986. Les sources ne sont donc pas toutes d'accord, et l'année 1988 reste celle que retiennent la plupart des spécialistes.

Comme souvent chez Omega, le lancement s'accompagne d'une démonstration en conditions réelles. Le 25 juillet 1988, une Seamaster Professional 200 mètres à calibre 1111 participe à la mission Faré de l'IFREMER. Le submersible scientifique Nautile descend alors au milieu de l'Atlantique pour installer un module de surveillance des mouvements sismiques. La profondeur citée varie selon les sources : 4 400 mètres dans le texte repris d'Omega, 4 455 mètres dans d'autres publications.

Le submersible Nautile de l'IFREMER, partenaire de la mission Faré
Le submersible Nautile de l'IFREMER, partenaire de la mission Faré
Un dessin de son tempsFin des années 1980

La Seamaster 200 n'est proposée que sur bracelet intégré, avec extension de plongée et fermoir de sécurité. Le boîtier en forme de tonneau reçoit une lunette tournante unidirectionnelle cannelée, graduée, avec un point luminescent à 12 heures, ainsi qu'une couronne vissée protégée. Au centre du cadran, une trotteuse à contrepoids en forme de sucette, dite lollipop, équipe toutes les versions. Les index et les aiguilles sont recouverts de tritium.

Certains marchands la présentent comme une réponse d'Omega aux séries 1000 et 2000 de TAG Heuer, très populaires à l'époque. Des vendeurs japonais attribuent aussi son dessin à Gérald Genta, mais aucune source de la marque ne confirme cette attribution. Plus surprenant, les premières séries portaient des aiguilles de type Mercedes, qui étonnent encore les amateurs habitués aux codes Omega.

Le bracelet intégré et la lunette cannelée, signatures de la Seamaster 200
Le bracelet intégré et la lunette cannelée, signatures de la Seamaster 200
Deux tailles, deux énergies, une grille de références1988 à 1995

La Seamaster 200 existe en deux tailles : un grand modèle, dont les cotes officielles sont de 38,5 sur 43,5 mm, et un modèle moyen, ou midsize, de 36 sur 41 mm. Chacune est proposée en quartz ou en automatique, en acier ou en acier et or, avec un cadran noir ou champagne. Les références suivent le système MAPICS à neuf chiffres, utilisé par Omega de 1970 à 2007.

Les spécialistes repèrent trois séries de références. Le préfixe 396 désigne le quartz, le préfixe 368 l'automatique. Les grands modèles se terminent par 1041, puis 1051 et 1061, et les modèles moyens par 1042, puis 1052 et 1062. La 368.1062 correspond donc à un modèle moyen automatique de la dernière série. Les lettres placées devant la référence précisent l'habillage (ST pour l'acier, DB ou DR pour les versions acier et or) et un suffixe distingue le cadran noir du champagne.

Gravures du fond de boite d'une 368.1062
Gravures du fond de boite d'une 368.1062
Du 1111 au 1109, le cœur automatiqueFin des années 1980

Les versions automatiques reprennent l'ETA 2892-2, un mouvement fin et réputé que l'on retrouve chez de nombreuses maisons suisses. Leur cadran porte la mention « Automatic Chronometer ». Les premiers exemplaires reçoivent le calibre 1111, dont le remontage automatique manquait d'efficacité. Omega a alors redessiné la masse oscillante et l'a alourdie. Ainsi modifié, le mouvement prend le nom de calibre 1109. Les deux versions ont 21 rubis, l'arrêt de la seconde, la date rapide, une fréquence de 28 800 alternances par heure et environ 44 heures de réserve de marche.

Côté quartz, la Seamaster 200 a d'abord reçu le calibre 1441, un quartz haut de gamme thermocompensé, monté pendant une courte période entre la fin de 1987 et 1988. Il a ensuite été remplacé par le 1438, qui n'est pas thermocompensé. Le cadran et la référence ne disent pas tout : une même référence automatique peut abriter un 1111 ou un 1109, et seule l'ouverture du fond permet de savoir lequel.

Un mouvement automatique sur base ETA 2892-2
Un mouvement automatique sur base ETA 2892-2
Calibre Type Base Particularités
1111 Automatique ETA 2892-2 Premières séries, remontage jugé insuffisant
1109 Automatique ETA 2892-2 Masse oscillante redessinée et alourdie
1441 Quartz Haut de gamme Thermocompensé, monté très peu de temps
1438 Quartz ETA Successeur du 1441, non thermocompensé
Les détails qui datent une Seamaster 200Vers 1989

La Seamaster 200 a évolué sans changer de nom. Selon la plupart des sources, Omega a remplacé vers 1989 les aiguilles Mercedes par des aiguilles glaive. À la même époque, la couronne vissée à six lobes cède la place à une couronne cannelée, et le fermoir de plongée à simple repli devient un fermoir à double repli. Les aiguilles en acier accompagnent les lunettes noires à chiffres blancs, les aiguilles dorées les lunettes à chiffres dorés.

Le fond a connu trois versions. Les premiers boîtiers ont un fond en deux parties, avec une bague et un disque simplement gravé « Seamaster ». Sur l'automatique, la bague est plate pour laisser de la place au mouvement, alors qu'elle est concave sur le quartz. Vient ensuite un fond toujours en deux parties, mais orné de l'hippocampe. Enfin, un fond d'une seule pièce apparaît, que l'on rencontre surtout entre 1990 et 1993.

Aiguilles glaive et couronne cannelée des séries plus tardives
Aiguilles glaive et couronne cannelée des séries plus tardives
Éclipsée par sa descendante1993 à 1996

En 1993, Omega lance la Seamaster Professional Diver 300M, avec sa valve à hélium et son cadran à vagues. Pendant deux ans, les deux plongeuses sont fabriquées en même temps. La production de la Seamaster 200 s'arrête en 1995 selon certaines sources, en 1994 selon d'autres. En 1995, dans GoldenEye, Pierce Brosnan porte une 300M à quartz de référence 2541.80, choisie par la costumière Lindy Hemming. Pour la première fois, James Bond porte une Omega.

Les collectionneurs appellent la Seamaster 200 « Pre-Bond » depuis 1996 environ, et Omega emploie elle-même ce surnom dans sa base de données vintage. Le surnom de Pre-Bond résume son destin : une montre nommée d'après celle qui l'a remplacée. Pourtant, la filiation est visible. Le bracelet, les aiguilles glaive et l'esprit de plongeuse à la fois sportive et élégante se retrouvent directement dans la 300M.

« Le surnom de Pre-Bond résume son destin : une montre nommée d'après celle qui l'a remplacée. »

La Seamaster 200 aujourd'huiAujourd'hui

Longtemps méconnue, la Seamaster 200 a même été prise pour une contrefaçon par certains amateurs, troublés par ses premiers fonds et ses aiguilles Mercedes. Elle a aujourd'hui trouvé sa place dans les collections. Le grand modèle automatique en acier, à cadran noir et aiguilles glaive, est le plus recherché. Les versions quartz et les modèles moyens sont les plus courants, tandis que les automatiques restent plus rares que les quartz. Elle a naturellement sa place dans une sélection de montres de plongée vintage, aux côtés des autres montres Omega vintage.

Sur les exemplaires d'époque, le tritium prend souvent une teinte crème ou jaune, très appréciée. Il faut toutefois examiner l'ensemble avec attention, car beaucoup de couronnes et d'aiguilles ont été changées lors des révisions. Des pièces comme la nôtre, avec un cadran noir et le calibre 1109, appartiennent à la version améliorée de l'automatique. Pour découvrir d'autres montres animées par le mouvement du poignet, notre sélection de montres automatiques en réunit plusieurs.

Sources
  1. Omega · Vintage Watch Seamaster 200 Pre-Bond DB 396.1041
  2. Bo-Watches · The Definitive Guide to the Omega Seamaster 200M Pre-Bond
  3. WatchUSeek · A (fairly) comprehensive review of the Omega Seamaster 200 Pre Bond series
  4. Chronopedia · Omega Seamaster 200m Pre-Bond
  5. TimeZone · A review of my new 1988 Pre-Bond Seamaster 200
  6. Fratello · Wrist Game Or Crying Shame: Omega Seamaster Pre Bond Automatic
  7. Monochrome · Collector's Corner, Omega Seamaster Professional Diver 300
  8. Watts on Watches · Omega Seamaster ref. 396.0900 Plongeur de Luxe
  9. WOFS Watches · 1988 Omega Seamaster Professional 200m Diver Pre-Bond
  10. Lot-Art · Omega Seamaster 200 Pre Bond référence 368.1062
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